AU BON COIN DES PARABOLES ET DES HISTOIRES

15-12-2015

Thème n° 1

Au long de l’année liturgique : un parcours à commencer

Réflexion préalable : se demander pourquoi Jésus a utilisé le langage des paraboles et des histoires pour nous parler de son projet, celui du Royaume ?

Jésus a utilisé beaucoup de paraboles et d’histoires pour délivrer son message : "il ne leur parlait pas sans paraboles".( Mc 4, 34)

Elles sont lancées à la foule, au tout-venant, ce sont des comparaisons tirées de la réalité quotidienne des petites gens qui constituent habituellement son auditoire : "ses disciples se mirent à l’interroger sur les paraboles. À vous le mystère du Règne de Dieu est donné, mais pour ceux du dehors, tout devient énigme" (Mc 4, 11)

Et Jésus aime piquer la curiosité de son auditoire qui cherchera à élucider l’énigme . C’est la pédagogie participative de Jésus.

La parabole n’est pas en elle-même une lumière éblouissante dont le sens s’imposerait. Elle est riche de virtualités, elle suscite une pluralité de sens, car elle active la collaboration de l’auditeur qui désire se mettre à l’écoute pour agir. Elle n’est pas un discours qui enferme, mais ouvre.

Jésus avec ce type de langage touche notre affectivité, notre imagination, notre intelligence, nos sens afin que nous nous approchions du mystère.

En ce sens on pourrait dire que la parabole, comme l’antenne parabolique qui capte beaucoup d’ondes, capte une réflexion très riche. Elle n’épuise pas le mystère.

Dans ce parcours des différentes étapes de l’année liturgique, on fera appel à ce langage des histoires et des paraboles en empruntant celles-ci à la sagesse des nations, sagesse populaire d’un patrimoine bien vivant. Cet éclairage mettra en valeur la tradition biblique qui s’en trouvera illuminée.

Les Rois mages

Une histoire :

Les Rois mages

Ils perdirent l'Étoile, un soir. Pourquoi perd-on
L'Étoile ? Pour l'avoir parfois trop regardée...
Les deux Rois blancs, étant des savants de Chaldée,
Tracèrent sur le sol des cercles, au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton...
Mais l'Étoile avait fui comme fuit une idée.
Et ces hommes, dont l'âme eut soif d'être guidée,
Pleurèrent en dressant les tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,
Se dit : "Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres.
Il faut donner quand même à boire aux animaux."

Et tandis qu'il tenait un seau d'eau par son anse,
Dans l'humble rond de ciel où buvaient les chameaux,
Il vit l'Étoile d'or qui dansait en silence.

Edmond Rostand

L'Étoile d'or

Un message à découvrir : une pluie d’interrogations qui nous provoquent.

(on ne donne pas les réponses, à vous de les trouver).

  • Que signifie dans ma vie, perdre l’étoile ?
  • Pourquoi trop regarder peut n’être pas bon ?
  • Que penser de la stratégie des deux Rois blancs pour retrouver l’Étoile. Que leur manque-t-il pour réussir ?
  • Dans le poème, on parle de soifs au pluriel; en quoi sont-elles différentes ?
  • Qui est ici méprisé, pourquoi ?
  • Comment expliquer la phrase : "Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres"
  • Comment est retrouvée l’étoile ?
  • Résumer le message que veut délivrer, dans ce poème, Edmond Rostand.
    Un message illuminé par le message biblique.
    Récits de la naissance de Jésus dans les évangiles de Luc et de Mathieu
31-12-2015

Thème n° 2

La corde à nœuds ou la miséricorde de Dieu à la portée de tous

(Années 2015-2016 : année de la miséricorde)

C’est un rabbin qui nous en parle avec la parabole suivante.
Chacun de nous est comme relié au Seigneur par une corde. Cette corde est fort longue nous laissant pourtant libres de nos mouvements. Quelle sécurité de sentir que personne n’est abandonné à son sort, à la dérive des aléas de la vie ! Pourtant il nous arrive de commettre une faute, de faire le mal, alors hélas ! la corde se rompt. Cependant, ô chance très précieuse, on peut toujours, si l’on se repent et qu’on veut s’amender, se tourner avec courage, le cœur gros de chagrin, vers le Seigneur miséricordieux. Avec bienveillance, considérant notre bonne volonté, il fera avec délicatesse un nœud à la corde. Et ainsi, autant de fois que cela sera nécessaire.
Que de ruptures et de liens renoués durant une vie humaine !

Elle aura donc beaucoup de nœuds cette corde si longue à l’origine et bien raccourcie à la fin...
Quelle aubaine pour nous !

Un message à découvrir : pluie d’interrogations

  • La corde relie. Est-elle entrave ou dépendance libératrice ?
  • La corde casse. Qui en est le coupable ?
  • Quelles sont les conditions à respecter pour que la rupture ne soit pas définitive ?
  • Comment œuvre l’artisan qui renoue le lien rompu ?
  • Faut-il se décourager devant l’expérience calamiteuse de tant de ruptures ?
  • Comment comprendre l’exclamation finale :  "Quelle aubaine pour nous !"

MISÉRICORDE : un mot à éclaircir

  • Dans la Bible : c’est un attribut divin. C’est avoir, comme une mère, des entrailles qui s’émeuvent devant la souffrance de son enfant. C’est aussi vivre une alliance indéfectible faite d’amour et de fidélité.
  • Le mot miséricorde associe par son étymologie qui vient du latin, la misère et le cœur
  • Une étymologie qu’on peut inventer à partir de la parabole de la corde à nœuds : c’est la corde tendue par Dieu pour rejoindre notre misère (misère - corde).

Illumination biblique : on tirerait profit à relire dans la Bible :

  • 2 Samuel 12, 1-13 (parabole de Nathân et du roi David)
  • Psaume 51 (50)
  • Jérémie 31, 18-20 etc...
11-01-2016

Thème n° 3

3 paraboles pour éclairer la recherche de l'unité des chrétiens à reconstruire

(semaine de prière pour l'unité des chrétiens : du lundi 18 janvier au lundi 25 janvier 2016)

Creuser profond

"N’oubliez pas, la terre est ronde. Alors, vous qui avez une attache religieuse, poussez vos racines assez profond, elles se retrouveront toutes au milieu. Toutes les religions se retrouveront sur un point : tu ne tueras pas." GANDHI

Creuser ensemble

À Thibhirine, le moine Christian avait l’habitude de discuter avec son voisin. Un jour, l’ami musulman vient le provoquer : "Il y a longtemps que nous n’avons pas creusé ensemble le même puits." C’était l’expression pour parler de leurs échanges. C’était déjà très fort, car ils creusaient ensemble, et pas chacun son puits... La foi de l’un et la foi de l’autre contribuaient à creuser le même puits. Un peu taquin, Christian lui dit : "Que penses-tu que nous allons trouver au fond du puits ? De l’eau chrétienne ou de l’eau musulmane ?" Le voisin l’a regardé alors un peu chagriné : "Tu le sais bien, ce que l’on trouvera, c’est l’eau de Dieu."

La joie des retrouvailles : La parabole des canards

Un jour survint une grave discussion entre les canards de la ferme. Le résultat de la polémique c’est que chacun s’en alla s’installer, pour barboter avec les siens, dans sa petite mare privée. Chaque mare devenant ainsi comme un unique océan. Ils se sentirent vite comme un peu tristes de se retrouver séparés les uns les autres, après l’exultation initiale. Quitter la mare ? Se réunir avec les autres pour retrouver l’unité perdue ? Impensable ! Or un jour la pluie se mit à tomber avec abondance sur cette ferme ; le niveau d’eau monta partout dans les petites mares au point de ne former plus qu’un grand lac dans lequel les petits canards enfin réunis barbotaient à qui mieux mieux, fêtant leurs retrouvailles dans un joyeux concert d’éclaboussures.

Une pluie de questions :

  • Qu'est-ce qui a motivé la séparation dans la communauté des canards ?
  • Qu'est-ce qui alimente les divisions entre les différentes religions et à l'intérieur des différentes confessions chrétiennes ?
  • Que représentent les différentes mares ? Y vit-on heureux ? Que signifie la pluie abondante ? Et l'eau de Dieu ?
  • Quels sont les points communs entre différentes confessions religieuses ?
  • Quelles solutions se dessinent à travers ces 3 histoires pour remédier à la situation de désunion et d'affrontements ?
  • Quel sera le résultat final à obtenir ? S'en approche-t-on ?

Illumination biblique :

  • 1 Cor 3, 3-11
  • Jean 17, 21-23
10-02-2016

Thème n° 4

Carême : 40 jours pour faire les bons choix

RECETTE  POUR RÉUSSIR SA VIE

Gros et petits cailloux
(tiré d’un éditorial de Mgr François Garnier )

Prendre un pot de verre d’au moins 4 litres, y poser délicatement 12 cailloux ( gros comme des balles de tennis ). Le pot paraît plein . Mais je veux y verser le contenu d’un récipient rempli de graviers (les graviers s’infiltrent entre les cailloux) . Puis verser un sachet de sable dans le pot ( le sable s’infiltre entre les cailloux et les graviers ). Enfin terminer en remplissant le pot à ras bord avec un pichet d’eau.
La grande vérité que démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais ensuite les faire entrer tous.

Une pluie de questions : pour aboutir à une révision de vie.

  • Qu’est-ce qui correspondrait dans notre vie aux gros cailloux qui sont importants et auxquels on voudrait donner la première place ? (santé, travail, loisirs, amis, famille, engagement pour une cause, bénévolat, sport, nourriture pour notre foi chrétienne, prière, approche des sacrements, etc...) ?
  • Quelles sont les peccadilles auxquelles il arrive qu’on donne la priorité au moment de programmer notre vie ?
  • Nous arrive-t-il de ne pas tout faire entrer dans nos agendas et de proférer des lamentations du genre :  "je n’ai pas le temps de tout faire", "je n’y arrive pas", "j’ai trop à faire !"
  • Devons-nous réaliser des délestages au profit de l’essentiel pour nous préparer à Pâques ? Quelles difficultés allons-nous rencontrer pour arriver à nos fins ? Comment allons-nous les résoudre ?

Illumination biblique : 

  • livre de la Sagesse 7, 7-14
  • 1 Rois 3, 5-14
  • Mt 7, 24-27 - la maison construite sur le roc
10-02-2016

Thème n° 5

Carême : 40 jours pour se rendre "utile"

Parabole A : Être thermomètre ou thermostat, c’est bien différent !
(parabole du Père Pierre Trévet cité à kto)

Si je suis thermomètre, je me contente de constater quelle est la température, je l’enregistre comme une donnée objective sur laquelle je n’ai nulle prise.
Si je suis thermostat, j’ai le souci d’intervenir sur cette donnée en modifiant selon la nécessité la température. Je peux l’augmenter ou la diminuer, c’est selon. J’ai une attitude plus protagoniste face au réel.

Une pluie de questions :

  • 1 Dans ma vie comme chrétien disciple de Jésus, est-ce que je me contente d’être thermomètre ?
  • 2 Qu’est-ce qui me freine pour être thermostat ?
  • 3 Est-ce que j’aime ce monde dans lequel Dieu m’a placé ? Quelles initiatives puis-je prendre avec enthousiasme, en ce temps de Carême, pour qu’il y fasse bon vivre ?

 

Parabole B : Parabole du colibri - Je fais ma part
(légende amérindienne)

Face à un feu de forêt, tous les animaux sont pris de panique et ne savent que faire, le spectacle devient effrayant. Pourtant, le colibri, un des plus petits oiseaux de la création, réagit avec courage. Il tente d’éteindre le feu. Il va à la rivière, remplit son petit bec et arrose le brasier et puis il recommence...Les autres animaux se gaussent de lui prétendant que ces gouttes d’eau ne servent à rien. L’oiseau leur répond sans se démonter, avec fierté et détermination :  "Je le sais, mais je fais ma part".

Une pluie de questions :

  • Le monde est en feu ( violences, terrorisme, guerres, chômage, migrations tragiques etc...). Qu’est-ce qui m’empêche de faire ma part ?
  • Comment m’y prendre pour arriver à faire ma part ?
  • Quelles vertus dois-je pratiquer pour devenir effectif dans mon engagement au service de mes frères ? 

 

Parabole C : Histoire de rabbi (tradition juive) - Devenir du bon pain pour le monde

Un rabbi parcourait avec un de ses disciples le champ de ruines qu’était devenue Jérusalem dévastée par la guerre. Le disciple se lamente en voyant la destruction du merveilleux temple œuvre incomparable.
- Ne sois pas triste lui dit le Maître, nous avons un autre moyen que le temple pour rendre à Dieu le culte qu’il mérite.
- Quoi donc interroge le disciple ?
- Les actes de bonté répond le rabbi.

Une pluie de questions :

  • Comment doit être le culte que je désire rendre à Dieu ?
  • Face au monde souvent hostile et décevant, le culte est-il un refuge réconfortant ?
  • La pratique des actes de bonté supprime-t-elle le culte qu’on rend à Dieu au moyen de la prière, des célébrations liturgiques, de la pratique des sacrements ? Devient-il inutile parce que je me rends utile à mon prochain ?

Illumination biblique en lien avec les 3 paraboles :

  • Isaïe 57, 5-11
  • Romains 12, 2-18
  • Romains 13, 8-14
  • Mt 25, 31-46
28-02-2016

Thème n° 6

Au seuil de la Grande Semaine, vers les derniers préparatifs...

Le Carême c’est comme avec le chou pommé : on quitte les feuilles extérieures pour arriver jusqu’au cœur. 40 jours pour se dépouiller du superflu pour arriver, le cœur allégé, aux fêtes pascales.

Une pluie de questions :

  • Y a-t-il dans ma vie, des choses ou des activités que je peux considérer comme superflues, encombrantes ?
  • Qu’est-ce qui freine ma bonne volonté d’allègement ?
  • Comment arriver "au cœur", à l’intérieur, en me débarrassant des feuilles extérieures ?

Illumination biblique :

  • Mc 10, 23-25 / Mc 10, 29-30

Pour mieux se préparer, une thérapie à user sans modération : la prière

Parabole des 5 doigts de la main

On peut donner aux jeunes et moins jeunes le conseil suivant : Grâce à tes 5 doigts, tu as les 5 mots de la prière. Quand tu pries, ouvre la main :

Avec le pouce : je commence à dire bonjour. J’ai souvent raté des moments de prière parce que je m’y jetais tête baissée, sans prendre le temps de dire bonjour. C’est le temps gratuit de la salutation, de la louange. Je suis devant quelqu’un et ce quelqu’un est important et bien réel. Je ne dois pas le traiter par-dessous la jambe.

Avec l’index, je dis merci. Je râle souvent et pourtant je reçois tant de choses du Seigneur bien-aimé ! Combien est grande ma négligence pour remercier ! C’est le temps de la gratitude, de l’action de grâce.

Avec mon majeur, j’éprouve le besoin irrésistible de pacifier mon cœur en demandant pardon à cause de mon amour déficient à l’égard de Dieu et de mes frères. C’est le temps affligé de la prière pénitentielle.

Avec l’annulaire, j’ouvre ma prière, celle des besoins qui sont les miens, aux besoins des autres. Ceux qui me sont proches, comme ceux qui sont loin, mais que le journal TV, chaque jour m’offre en pâture. Alors le 4ème mot c’est s’il te plaît. Je n’informe pas Dieu bien sûr, il sait les nécessités qui existent mieux que moi, mais j’essaie de les lui offrir avec la confiance d’un enfant que son Père aime. Je n’oublie pas de me délester aussi de mes inquiétudes et de mes angoisses, et elles sont nombreuses. Il saura les accueillir j’en suis sûr. C’est la prière de demande à laquelle Jésus nous convie chaleureusement : "Demandez et vous recevrez".

Avec l’auriculaire, je mets tout mon cœur à contribution pour lui faire une belle déclaration d’amour. Alors je prononce la parole la plus importante de la prière, je lui dis : "Je t’aime".

Il ne s’agit pas de faire de grands discours : "ne rabâchez pas" nous a-t-il recommandé. Je peux même rester en silence dans un cœur à cœur avec l’être aimé comme le prophète Élie dans sa grotte. C’est la plus belle de toutes les prières.

D’après Guy Lescanne.

Une pluie de questions :

  • Dans les différents aspects de la prière mentionnés dans la parabole de la main, quels sont ceux qui sont les moins présents en moi et que souvent je néglige  ?

Illumination biblique :

  • 1Ch 17, 16-25 / Jr 32,16-25 / Luc 11, 9-13 / Ps 28 (27) /Ps 27 (26) / Ps 19 (18 ) / Ps 16 (15) /
    Ps 23 (22 ) / Ps 104 ( 103 )...

En attendant la lumière éblouissante de Pâques, j’assume mes zones d’ombres.

Parabole de la cruche fissurée (origine inconnue)

Dans mon pays, il faut aller chercher l’eau au puits et l’apporter. Et moi je suis porteuse d’eau. J’ai deux cruches pour faire le travail : une bleue et une rouge que je porte au bout d’un bâton, de chaque côté de mes épaules. Un jour, je me suis rendu compte que lorsque j’arrivais au village, la cruche rouge était moins pleine que la bleue. Chaque jour, c’était la même chose. En y regardant de plus près, j’ai fini par découvrir que la cruche rouge était fissurée et laissait s’échapper l’eau, goutte à goutte. J’ai voulu jeter la cruche rouge, mais un vieux sage m’a dit : "Ne fais pas ça, viens plutôt avec moi". Nous avons pris le sentier qui va au puits. En souriant, il m’a montré que du côté de la cruche bleue, le bord du chemin était sec et aride, mais du côté de la cruche rouge, toute une ribambelle de fleurs avait poussé. C’était du plus bel effet. "C’est toi, m’a-t-il dit qui chaque matin arroses le bas côté sans t’en rendre compte. Ne l’oublie pas, nous sommes tous un peu fissurés ; mais Dieu si nous le lui demandons avec humilité, saura faire des merveilles avec nos faiblesses".

P.Luc Lafleur (missionnaire à Saint-Domingue)

Une pluie de questions :

  • Est-ce difficile de devoir s’accepter comme cruche fissurée ?
  • Est-ce difficile d’accepter les autres comme fissurées ?
  • Dieu n’a-t-il pas appelé pour le suivre, des disciples fissurés ?

Illumination biblique :

  • Mt 26, 31-36 ; 75 / Rm 7, 15-24
25-02-2016

Thème n° 7

Pâques. Alléluia ! Grande victoire de la vie sur la mort.

Parabole de la vie plus forte que le béton :

Le père dominicain Yves Congar raconte qu’en se promenant un jour à Paris, il vit un énorme bloc de béton. Il remarqua combien ce bloc était dur, compact, impénétrable, mais il s’aperçut en regardant plus attentivement qu’il y avait un point vide, un trou minuscule dans le béton, presque invisible... Quelques jours après, le théologien repassait par là, et, oh surprise ! il vit qu’un peu de terre avait été déposé par le vent, dans le trou. Une toute petite tige commençait à pousser. L’année suivante, à nouveau il passe devant le bloc de béton et la plante était devenue un arbuste. Par la suite, cet arbuste devint un véritable arbre avec des racines si fortes qu’il cassa le béton. Et le père Congar de conclure :  "La vie est plus forte que du béton, elle arrive à se frayer un chemin à briser toute résistance. C’est un élan prodigieux devant lequel on ne peut que s’extasier."

Quelques questions :

  • Le béton existe-t-il dans nos vies ? Comment cela marque-t-il nos relations avec Dieu et nos frères ?
  • Jésus était-il un tendre ou un dur ? Quand ? Avec qui ? En quelles circonstances ?
  • Connaissons-nous des vies où on retrouve la séquence de la parabole ?

Illumination biblique :

  • Mc 12, 41-44
  • 1 Sam 17, 40-50

 

Parabole de l’oiseau ensanglanté (fable des premiers  chrétiens )

Une nuit, il eut un rêve. Des myriades d’oiseaux voletaient sous un filet tendu au-dessus du sol. Sans cesse, ils s’envolaient, heurtaient le filet et retombaient à terre. Le spectacle était accablant de tristesse. Mais voici qu’un oiseau s’élança à son tour : il s’obstina à lutter contre le filet, et soudain, blessé, couvert de sang, il le rompit et s’élança vers l’azur. Ce fut un cri strident, parmi tout le peuple des oiseaux et, dans un bruissement d’ailes innombrables, ils se précipitèrent vers la brèche, vers l’espace sans limites.
Jésus, ensanglanté, a brisé le filet du destin. Il vit libre à jamais et nous invite à le suivre.

Quelques questions :

  • Vivons-nous parfois l’expérience oppressante d’être sous le filet sans espoir de connaître une libération ?
  • Jésus a ouvert la brèche du filet ; ai-je conscience que je suis sauvé ?

Illumination biblique :

  • He 12, 1-4
  • He 5, 7-9
  • Ps 124 (123) 6-8
02-04-2016

Thème n° 8

Objectif :  "devenir miséricordieux comme le Père"

Le chevalier au barisel (fabliau du Moyen-âge)

C’était un chevalier qui avait bataillé dans tous les coins et recoins du royaume. Un jour, dans une escarmouche, un trait d’arbalète traversa sa cuirasse et faillit mettre fin, séance tenante, à ses jours et à ses exploits guerriers.
En un éclair, il entrevit le paradis, mais, bien lointain et tout à fait hors de portée. Et l’enfer à la gueule brûlante toute proche, prête à l’engloutir. Car il avait oublié depuis longtemps ses promesses de chevalier et s’était peu à peu transformé en un soudard impénitent, tuant allégrement son prochain, pillant à l’occasion et violant pour faire bonne mesure. Rempli d’un effroi salutaire, il jette là heaume, épée et gantelet de fer et se dirige vers l’ermitage d’un moine réputé pour sa sainteté, tout au fond de la forêt.
- Mon Père, je voudrais recevoir le pardon de mes fautes, car j’ai grand-peur pour le salut de mon âme ! Je ferai la pénitence que vous m’indiquerez, aucune ne me fait peur.
- Eh bien, mon fils, répond l’ermite, allez simplement me remplir d’eau ce barisel, ce petit baril et rapportez-le-moi.
- Vous vous moquez ! C’est une pénitence d’enfant ! gronde le chevalier qui lève un poing menaçant pour frapper le moine. Mais la vision de l’enfer lui revient en mémoire, aussi tout en grommelant prend-il le baril sous son bras et se dirige-t-il vers la rivière toute proche. Stupéfaction ! Le barisel plongé dans le courant refuse de se remplir. Furibond, il gravit en courant la colline et se précipite vers le puits du village. Peine perdue !
Un an plus tard, le vieux moine voit arriver à la porte de son ermitage, un pauvre hère en haillons, un baril vide dans ses bras.
- Mon Père dit le chevalier d’une voix douloureuse, j’ai couru tous les fleuves et toutes les sources du pays, je n’ai pu remplir votre barisel. Me voilà damné pour toujours. Ah ! mes pauvres péchés, mes lourds péchés que j’ai commis, je les regrette !  
Et des pleurs coulent de ses yeux, sur son visage creusé. Mais voici qu’une larme tombe dans le barisel. O miracle ! D’un seul coup, celui-ci se remplit à ras bord et même déborde.

Une seule larme de repentir et tout change ...

Pluie d’interrogations

  • Qu’est-ce qui motive la démarche du chevalier en s’approchant du moine ? D’autres motivations seraient-elles souhaitables ?
  • De quoi était plein le baril du chevalier empêchant qu’il puisse se remplir du précieux breuvage ?
  • Que penser de la pénitence donnée par le religieux ?
  • Comment juger le comportement du chevalier dans sa tentative d’exécuter la pénitence infligée ?
  • On a dit que les grands saints avaient un cœur "liquide". Qu’est-ce que cela implique de devenir miséricordieux comme le Père ?
  • Sans commettre les graves péchés du chevalier, nous arrive-t-il de déplorer d’avoir un cœur dur ce qui nous empêche de vivre une démarche authentique de miséricorde envers nos frères en roulant la pierre de nos tombeaux ?

Illumination biblique :

  • Mt 27, 3-10 / Mt 3, 1-12 / Gn4, 5-11 / 2R5, 1-14 / Ps 32(31) / Ps 103(102)
01-05-2016

Thème n° 9

Fête de St Joseph artisan

Le travail c’est la santé physique, morale et spirituelle

http://www.maintenantunehistoire.fr/saint-joseph-19-mar/

Première anecdote : De la vie du célèbre sculpteur grec Phidias (-490 -431 av. JC).
Il fut maître des travaux du Parthénon grec.

Phidias reçut un jour commande de la réalisation de la statue de Diane (déesse fameuse de la mythologie grecque) pour l’Acropole d’Athènes. L’artiste réalisa son œuvre avec beaucoup de soin et de patience, soignant même le plus petit détail des boucles de la chevelure de la statue. Quelqu’un lui fit remarquer qu’il consacrait beaucoup de temps à des choses insignifiantes. En effet, la statue serait installée sur une paroi en marbre à 100 pieds de hauteur. Quel homme pourrait apprécier d’en bas la finesse de cette chevelure ?
Phidias répondit :  "La verront les dieux !"

Une pluie d’interrogations

  • Quelles qualités montre cet artiste dans son travail ? Cela est-il toujours d’actualité de nos jours ?
  • Connaissons-nous, dans l’art, en particulier religieux, des exemples qui manifestent le même souci du travail bien fait ?
  • Qu’est-ce qui rend parfois le travail écrasant, peu épanouissant ?
  • Qu’est-ce qui le rend source de joie profonde ?
  • Quelles sont nos motivations dans le travail ?
  • Le livre de la genèse, dans le récit de la création du monde ponctue le récit par cette exclamation :  "Et Dieu vit que cela était bon" qu’on peut aussi traduire :  "Et Dieu vit que cela était beau".

 Pourquoi bien travailler ? Est-ce devenir co-créateur et glorifier Dieu ?

 

Deuxième anecdote :  Le casseur de cailloux
Sagesse indienne

C’est le dialogue d’un sage qui noue la conversation avec des ouvriers qui sont très occupés à casser des cailloux dans une carrière, sous un soleil de plomb.
Il interroge chacun des travailleurs réalisant la même tâche :
- Qu’es-tu en train de faire ?
- Tu le vois bien, je suis en train de casser des cailloux répond le premier sur un ton agacé. C’est là mon boulot toute la sainte journée.
Le second le dévisage manifestant un certain orgueil de qui a fait son devoir avec sérieux.
- Tu vois, moi je gagne ma vie en travaillant en plein air ce n’est pas si mal. Je travaille pour nourrir ma famille en père responsable.
Quant au troisième, les yeux pétillants d’une joie incompressible, avec une certaine fierté il déclare :
- Tu ne devines pas ? Je bâtis un temple pour Dieu.

Une pluie d’interrogations

  • En quoi la relation au travail est-elle différente pour chacun de ces 3 ouvriers ? (dimension physique, morale, spirituelle)
  • Jésus, apprenti chez Joseph son père nourricier, a "perdu" 30 ans de sa précieuse vie si brève à apprendre un métier manuel. Il ne consacra que 3 années à sa mission apostolique d’envoyé du Père . Quelle en est la raison ?
  • Pourquoi l’Église a-t-elle fait de Joseph, le patron des travailleurs du monde entier ?
  • Pourquoi ne pas trouver du travail est-il quelque chose de déshumanisant ?

Illumination biblique

  • Gn 2, 1-3 / Ex 1, 11-14 / Ex 20, 8-11 / Pr 6, 6-11 / Pr 31, 10-31 / Ps 104, 23
  • Ps 127, 1 / Jr 22, 13-14 / Mc 6, 3 / Actes 18, 3 / Actes 20, 35 / Ep 4, 28 / 2 Th 3, 6-12 / 2 Th 3, 7-12

 

15-05-2016

Thème n° 10

Fête de Pentecôte

A - Parabole de la barque amarrée
ou l’anti-Pentecôte

Deux touristes campaient au bord du lac. Un soir, ils prirent une barque pour se rendre sur la rive opposée. Ils sortirent et se rendirent pour faire la fête dans un bar, de l’autre côté. La soirée fut arrosée et ils voulurent rentrer en rejoignant leur barque. Ils ramèrent vigoureusement, deux heures durant. Finalement l’un dit à l’autre :
- Tu ne penses pas que nous devrions être arrivés depuis belle lurette ?
- Certes, répondit l’autre, mais nous n’avons peut-être pas ramé avec assez d’énergie.
Ils redoublèrent donc d’efforts et au point du jour, ils virent...qu’ils n’avaient pas bougé d’un pouce.
Ils avaient oublié de détacher les amarres !!!

Une pluie d’interrogations

  • Peut-on établir une relation entre cette histoire et l’événement de Pentecôte ?
  • Que sont allés faire les touristes sur l’autre rive ? En quoi leur ébriété est-elle différente de celle attribuée aux apôtres ?
  • La salle des fêtes de l’autre côté, que représente-t-elle ?
  • Quels sont les peurs et blocages auxquels l’Église est confrontée pour aller de l’avant ?
  • La traversée de retour est de nuit. Cela a-t-il une portée symbolique ?
  • Le risque de l’immobilité représente-t-il un réel obstacle dans la vie spirituelle ?
  • Que répondre à ceux qui se plaignent que dans la religion on nous change tout et qu’on en perd son latin ?
  • Il y a les grosses amarres qui peuvent empêcher d’avancer, mais il y a aussi les petites qui ne sont pas sans incidences. Lesquelles ?
  • Qu’est-ce qui peut aider au redémarrage dans ce pèlerinage de foi que vit l’Église au cours des siècles ?
  • Quel message véhicule cette histoire ? En ce qui concerne la vie de l’Église et notre propre vie ?

B - Parabole de la contemplation des souliers

https://updetheux.wordpress.com/

Un prêtre ami disait fréquemment que lorsqu’on baptise, on devrait ajouter  un symbole : celui des chaussures. De fait, lui, chaque soir, priait longuement devant ses chaussures, il nous recommande de faire de même, source de grands profits.
Cela parce que les chaussures nous aident à marcher et marquent les pas que nous faisons. On n’use pas les mêmes chaussures pour voyager par des chemins difficiles ou pour rester à la maison. Paul utilisa ses sandales pour voyager sans arrêt en prêchant l’évangile, mais il savait aussi s’arrêter pour créer des communautés qu’il accompagna au démarrage et dans leur développement s’assurant que les enseignements de Jésus étaient bien compris et bien transmis, conseillant les communautés. Paul utilisa fort bien  ses sandales ... il alla où l’envoyait l’Esprit-Saint pour remplir la mission que le Seigneur lui donnait.
Et toi ? Comment utilises-tu tes chaussures ?
La nuit, prie en contemplant tes souliers pour évaluer si oui ou non tu te diriges vers là où l’Esprit veut t’envoyer. Si tous les chrétiens allaient dans la bonne direction, combien le monde serait différent ! Donc, bon pied, bon œil, en route. Fais d’abord silence, mets-toi en présence de Dieu, entre en prière en contemplant tes souliers. Tu verras, cela ravivera tes ardeurs apostoliques.

Une pluie d’interrogations

  • Pourquoi appelait-on les premiers chrétiens les disciples du Chemin ?
  • Que symbolisent les chaussures ? Est-ce si important d’avoir de bonnes chaussures pour avancer d’un pas décidé comme disciple de Jésus ? Que peuvent-elles être, ces chaussures ?
  • Ne tombons-nous pas parfois dans la tentation de préférer chausser des pantoufles au risque de s’éloigner de la mission reçue le jour de notre baptême
  • Le monde actuel auquel on est envoyé, comme baptisé, pour porter la bonne nouvelle de Jésus, ne risque-t-il pas de se transformer en marécages boueux ? Peut-être alors faudra-t-il chausser plutôt des bottes ! (à méditer avec le pape François)

Illumination biblique

  • Jonas 1, 4-16 / Deut 20, 3-4 / Lev 26, 12-13 / Michée 6, 8 / Ps 90, 12 / Is 52, 7 / Josué 9, 13 / Jean 5, 8 / Mt 8, 23-27 / Mt 14, 24-32 /Luc 22, 35 / Actes 2, 1-13 etc...

 

22-05-2016

Thème n° 11

Fête de la Sainte Trinité
Approches tâtonnantes du mystère

http://www.mjhanquet.be/

A - La Trinité c’est comme un jeu de pelote entre les 3 et aucun des 3 ne garde pour lui seul la pelote.
Blaise Pascal


B - Parabole des 3 eaux
Origine inconnue

Nous pouvons seulement aborder ce mystère en nous servant d’une comparaison. Par exemple, l’eau existe sous 3 formes distinctes : l’eau qui coule dans la rivière, l’eau figée dans un glaçon et la vapeur que tu fais avec ta bouche quand il fait très froid dehors. Tu as l’impression de voir 3 choses distinctes et pourtant, dans tous les cas, il s’agit bien d’eau.
Dieu existe depuis toujours sous la forme du Père, du Fils et du Saint-Esprit. À un moment dans l’histoire, il y a 2000 ans, le Fils est descendu sur terre en Jésus-Christ. Quand le Fils est remonté au ciel, à l’Ascension, Dieu n’a pas laissé les hommes orphelins : il leur a envoyé l’Esprit –Saint qui est une sorte de tourbillon d’amour entre le Père et le Fils. Chacune des 3 Personnes est Dieu.


C – L’un et le pluriel
(Père Théo Briend des Pères de Saint Jacques)

En ce dernier dimanche d’octobre, je me sentais une âme œcuménique et j’avais décidé de suivre de A à Z, l’émission "Le jour du Seigneur". J’en étais à la synagogue quand soudain, j’ai sursauté. Le rabbin expliquait que le un est improductif. À notre époque cela équivaut à une condamnation. Produis ou meurs ! Pauvre un. Et le rabbin d’expliquer : Le 1 ne mène à rien. Pour qu’il puisse produire, il faut lui adjoindre un autre 1 ce qui permet d’obtenir 2. Dieu créa l’homme, un seul homme d’abord, mais seul ; il ne pouvait rien produire, rien créer, rien engendrer. Il était donc condamné à la solitude. Heureusement Dieu eut l’idée de faire un 2ème un. Grâce à la venue de la femme et son union avec l’homme, celui-ci avait un avenir, comme dans la chanson de Jean Ferrat d’après le poème d’Aragon "la femme est l’avenir de l’homme"*.
Et si on applique à Dieu le raisonnement que le rabbin appliquait à l’homme ! Je pris donc le relais. Si Dieu l’unique était un, un monobloc, un 1 tout seul, il serait improductif. Mais si Dieu est pluriel, s’il est relation comme Jésus et l’Église nous l’enseignent, alors tout change, car alors il n’est pas monobloc il n’est plus seul, il peut être Père. Et si j’applique le raisonnement à ma situation de curé de paroisse, pour être productif, je dois être " pluriel".
De même chaque chrétien, doit être aussi pluriel et non monobloc, la paroisse tout entière doit devenir un ensemble de multiples relations qui en font une cellule vivante capable de créer et d’enfanter pour Dieu.

Une pluie de questions

  • Qu’ont de commun les 3 approches, sous forme de paraboles, du mystère de la Sainte Trinité ?
  • En quoi la foi en la Trinité est-elle pour le croyant un merveilleux trésor à découvrir ?
  • À quoi nous engage, dans notre vie de baptisé, la foi en un Dieu trinitaire ?
  • Pourquoi ne pas nous risquer à inventer nous aussi une parabole pour nous approcher de ce grand mystère ?

Illumination biblique

  • Gn 18, 1-16 / Mt 28, 19 / Jn 24, 49 / Jn 15, 26 / 2 Co 13, 13.

 

03-06-2016

Thème n° 12

Fête du Sacré-Coeur de Jésus

A - Parabole de l’aimant et de l’amant (parabole catéchétique)

À quoi sert l’aimant de la couturière ?

Des enfants catéchisés étaient fils d’une couturière. Ces enfants aimaient jouer avec l’aimant qui servait à leur maman pour récupérer, d’un geste vif, les épingles dispersées sur la table.
- Eh bien, voyez les enfants, dit la catéchiste, Dieu en nous aimant est comme un aimant puissant, il nous attire à lui. Nous sommes parfois ces épingles déboussolées, nous avons besoin d’être captés par l’aimant de la bonté divine pour que nos vies soient réorientées, regroupées dans la bonne direction. Il suffit alors de se laisser faire.
Aimantés à notre tour, nous deviendrons, en aimant tous les mal-aimés que nous rencontrons, cet aimant qui aimante.
(parabole racontée à Lourdes par un dominicain lors du pèlerinage du Rosaire octobre 2015)

Une pluie d’interrogations

  • Avons-nous fait l’expérience d’être parfois comme des aiguilles déboussolées sans orientation, manquant de sens pour notre vie ?
  • Qu’est-ce qui s’oppose au travail de cet aimant (qui est grâce de Dieu) pour réorienter notre vie ?
  • Comment comprenons-nous cette affirmation : aimantés, nous deviendrons à notre tour cet aimant qui aimante ?

 

B -Poésie-parabole - Poésie touarègue
 (traduction du touareg au français par le Père de Foucauld à mettre en valeur en cette année de commémoration du centenaire de sa mort)

Invités nous aussi à entrer dans la danse des cœurs au rythme du grand Cœur de Jésus, le grand Amant.

Elle dit la poétesse du Hoggar, la sultane de l’Ahal, la première étoile de toutes les étoiles :

"Notre écriture à nous, au Hoggar,
est une écriture de nomades
parce qu’elle est tout en bâtons
qui sont les jambes de tous les troupeaux.
Jambes d’hommes, jambes de méhara,
de zébus, de gazelles,
tout ce qui parcourt le désert.
Et puis les croix disent si tu vas à droite
ou à gauche. Et les points, tu vois, il y a
beaucoup de points. Ce sont les étoiles
pour nous conduire la nuit, parce que nous,
les Sahariens,
nous ne connaissons que la route,
la route qui a pour guide, tour à tour,
le soleil et puis les étoiles.
Et nous partons de notre  cœur,
et nous tournons autour de lui
en cercles de plus en plus grands,
pour enlacer les autres cœurs
dans un cercle de vie, comme l’horizon
autour de ton troupeau et de toi-même".

Une pluie d’interrogations

  • Le besoin d’aimer n’est-il pas inné dans l’être humain, quelle que soit sa culture  ou sa religion ? (les touaregs n’étaient pas chrétiens)
  • Comment peut-on appliquer à Jésus ce qu’exprime ce poème lorsqu’il évoque ces cercles de plus en plus grands pour enlacer les autres cœurs ?

 

C - Parabole des deux amours

Représentez-vous le monde comme un cercle dont le centre est Dieu et dont les rayons sont  les différents hommes. Si tous ceux qui veulent se rapprocher de Dieu se déplacent vers le centre du cercle, ils se rapprochent à la fois les uns les autres et de Dieu.
Dorothée de Gaza : ( originaire d’Antioche. Il vécut au VIème siècle et fonda un monastère dans le désert dont il devint le Père Abbé )

Une pluie d’interrogations

  • Les saints ne sont-ils pas une illustration vivante de l’itinéraire décrit dans l’histoire des deux amours ?
  • Ce centre qui représente le Sacré-Cœur de notre Dieu a donné naissance à la dévotion du Sacré-Cœur très en vogue au siècle passé. Est-ce seulement une dévotion ? N’est-ce pas quelque chose de plus ?

 

Illumination biblique

Ps  103(102) / Ps 107(106) / Eccl 2, 9-11, 18 / 17, 29 / Is 43, 4 / Is 49, 13-6 / Mal 3, 17-20 / Ex 34-6-7 / Deut 4, 29-31 / Luc 6, 36-38 / Jn 15, 9-11 /1 Tim 1, 12-17 / Col 3, 12-14

 

Message du Pape François  (chemin de croix avec les jeunes au Brésil 2013)
"Sur la croix du Christ, déposons nos joies, nos souffrances, nos succès, nous y trouverons un COEUR OUVERT qui nous comprend, nous aime"

26-06-2016

Thème n° 13

1 - Parabole des deux colonnes de la foi

Les colonnes, à quoi ça sert ? Qu’ont de particulier les 2 célèbres colonnes de la Maison-Église que sont les apôtres Pierre et Paul dont c’est la fête le 29 juin ?

Ils sont tous les deux à la fois semblables et dissemblables parfois contrastés et même opposés. Fermes et en même temps fragiles, ils sont solidement arrimés au portique du Galiléen Jésus de Nazareth. Ils ont su défier les usures du temps, mais sans cet ancrage, ils n’auraient pas connu un destin si glorieux.

Saint Pierre - église de Mont

Saint Pierre - église de Mont

L’un, Pierre, a été choisi le premier par le Maître au tout début de la grande aventure : "Venez à ma suite..." L’autre, Paul, fut terrassé en plein voyage alors qu’il s’en allait guerroyer contre les disciples du nouveau prophète. Choc frontal ! La colonne de Pierre d’apparence plus humble est celle de l’artisan-pêcheur fruste et laborieux, sans grande culture, mais vaillant, pour assurer le pain quotidien de toute une famille belle-mère comprise. L’autre colonne, celle de Paul, plus prestigieuse et attirante, c’est celle du fin polyglotte, connaisseur érudit des arcanes des Saintes Écritures, initié aux controverses théologiques, à Jérusalem, sous la houlette du pharisien Gamaliel.

Ces deux colonnes ont ceci en commun : il s’agit de deux grands pécheurs devant l’Éternel, car Pierre malgré ses fanfaronnades a trahi comme un minable sous-fifre peureux. Quant à Paul, avant de passer dans le camp des persécutés, il fut un infâme persécuteur. Et cela pour la bonne cause, au nom de la stricte orthodoxie juive. Un véritable et acharné "bouffe-chrétiens" dans sa croisade pour éliminer les dissidents.

Ils ont beaucoup à se faire pardonner tous les deux. Passer du "vieil homme" à l’"homme nouveau" n’est pas une mince affaire. Ils recevront pour marquer la rupture entre avant et après, un nouveau nom signifiant leur métamorphose. La colonne Simon fils de Yonas s’affermit sur ses bases devenant Simon Céphas (Simon le Roc). La colonne Saül elle s’harmonisera à la nouvelle réalité émergente en prenant le nouveau nom gréco-latin de Paul, c’est mieux pour évangéliser les gentils, les attirer dans la Maison. Les deux ont acquis une conscience aiguë de leur indignité foncière, des fissures qu’on peut deviner le long du pilier, signes d’une vulnérabilité qui risque à tout moment de tout faire capoter. "Moi le premier, il m’a fait miséricorde" dira Paul (1 Tim 1, 15) ; et Pierre de s’écrier, effaré : "Éloigne-toi de moi Seigneur, car je suis un pécheur" (Luc 5, 8) à la vue des filets de pêche lourds de poissons.

Saint Paul - retable église de Bordères-Louron

Saint Paul - retable de l'église de Bordères-Louron

Son activité sera marquée par une certaine stabilité de vie (champ d’activités surtout autour de Rome) alors que la colonne Paul, elle, ne cessera de se déplacer à travers pays et terres, mers et îles du bassin méditerranéen. Une vraie bougeotte ! Quelques 17000km, pense-t-on, souvent à pied. Ne craignant pas d’affronter au passage 3 fois la bastonnade, 5 fois le châtiment des 39 coups de fouet, essuyant 3 naufrages et frôlant à tout moment la mort. Étant probablement célibataire, il était plus libre par rapport à des obligations familiales que son confrère Pierre.

Un même destin les attendait au tournant : le martyre, sous le règne de l’empereur Néron. Mais là encore, leur classe sociale différente fait que Paul bénéficiera d’un traitement de faveur (!)réservé aux citoyens romains : la décapitation, alors que Pierre, lui, dut passer par l’abomination de la crucifixion.

Fin glorieuse pour tous les deux malgré tout, avec en prime une couronne de vie. Les colonnes ne tombèrent pas en dépit de circonstances adverses. La toiture de la Maison-Église est devenue de plus en plus vaste s’enrichissant d’innombrables communautés chrétiennes dans un dynamisme époustouflant : Damas, Césarée, Tarse, Chypre, Philippe, Athènes, Corinthe, Éphèse, Jérusalem, l’île de Crète, Rome, etc...

La toiture a l’ambition de recouvrir le monde entier un jour : "Allez dans le monde entier"

Il reste encore de la place à occuper dans la Maison-Église et la porte est grande ouverte...

 

Une question qu’on peut se poser à la lecture de ce texte :

Y trouve-t-on des éléments pour répondre à la question :

Qu’est-ce qu’un grand saint ?

On peut éclairer la réflexion avec la parabole du pharisien et du publicain ( Luc 18, 9-14 )

 

 

2 - Fioretti nous apporte un éclairage complémentaire : anecdote de la vie de Saint François Xavier

François Xavier médite. Soudain, il se pose la question : mais finalement la sainteté, qu’est-ce que c’est ? Comment devenir un saint ?

Il a une sorte de vision. Dieu au sommet d’une très haute montagne. Et Dieu lui dit : "Monte jusqu’à moi et tu sauras ce qu‘est la sainteté".

Il est solide, François Xavier, et un peu fanfaron. " S’il faut grimper dur, j’y vais !"

Au bout d’une heure, il tombe. Mais comme il est courageux, il se relève et il repart. Deux fois encore il tombe, et il est si loin du sommet ! Il dit au Seigneur : "J’ai compris. La sainteté c’est pas pour moi".
Le Bon Dieu rit comme il sait rire : "Mon pauvre ami, tu n’as rien compris ! La sainteté, ce n’est pas d’arriver jusqu’ici, c’est tomber et se relever, tomber et se relever..."

Cette anecdote nous aide-t-elle à répondre à la question posée antérieurement :

Qu’est-ce qu’un saint ?

 

 

3 - Quelques définitions qui nous encouragent à relever le défi de la sainteté :

  • "Un saint c’est celui qui est sorti de ses enfers, de sa cupidité, de son appétit de domination et qui habite sa vie dans une amplitude inespérée" (P. Gouze)

    Pierre, homme ordinaire, confronté à l’extraordinaire.

  • Un saint c’est celui qui a un futur étonnant : le saint pyrénéen Saint Michel Garicoïts, fondateur des Pères de Bétharram, avait cette belle devise qui a nourri sa spiritualité :

    "Bethi Aintzina"qui en langue basque signifie : "Toujours en avant".

    Devise qu’aurait pu faire sienne le grand Saint Paul.

  • Une Sainte pyrénéenne que nous aimons beaucoup à cause de son bon sens et de son franc-parler : Sainte Bernadette Soubirous déclarait : "je voudrais qu’on dise les défauts des saints et ce qu’ils ont fait pour les corriger, cela nous servirait bien plus que leurs miracles et leurs extases."

La route vers la sainteté nous est donc ouverte...

19-07-2016

Thème n° 14

Sagesse du moment présent surtout en période estivale

 

A - Parabole des cinq alpinistes (d’après Carlos Vallès)

C’est l’aventure de 5 alpinistes partis pour conquérir un sommet fort élevé. L’un d’eux, au cours de la randonnée, perd pied et glisse. En dépit de la corde à sa disposition pour s’attacher, il chute  en entraînant la dégringolade de toute la cordée qui dévale dans le précipice en contre-bas.
Quand nos intrépides randonneurs arrivent aux portes du ciel, Saint Pierre les attend, mais avec une même interrogation pour chacun d’eux .Selon la réponse fournie, Saint Pierre ouvrira ou non la porte du paradis.
«Vers où allait ta pensée en tombant ?»
 Le premier répond :
     - J’ai été un nigaud d’entreprendre une telle escalade et maintenant j’en paie le prix.
Le deuxième :
     - J’ai pensé à ma femme et à mes fils.
Le troisième :
     - Je me suis demandé comment m’agripper à la corde et pouvoir ainsi tous nous sauver.
Le quatrième :
     - J’ai fait un acte de contrition pour tous mes péchés et ils sont nombreux.
À tous les quatre Saint Pierre oppose une fin de non-recevoir, il lance de manière cinglante son refus :  «Dans tout cela ,rien n’a vraiment de la valeur».
Quant au cinquième, voici ce qu’il répond :
     - Moi, durant la descente, j’ai été ravi de pouvoir jouir de la beauté des paysages de haute montagne.
«Voilà une merveilleuse réponse à la question posée ! Entre vite mon ami, par la grande porte, un grand bonheur t’attend».

Cette parabole ne se trouve nulle part dans les Saintes Écritures. Dommage, car elle est riche de bien des enseignements !



B - Parabole taoïste ou comment adhérer pleinement au moment présent.

Un disciple demande à un vieux maître :
     - Qu’est-ce que la voie (le Tao) ?
     - Ton esprit  de chaque jour, répond le vieux maître : quand j’ai faim, je mange, quand je suis fatigué, je dors.
Surpris, le disciple interroge le maître :
     - N’est-ce pas ce que chacun fait ?
     - Non, la plupart des êtres ne sont jamais présents dans ce qu’ils font.
L’homme vraiment accompli se reconnaît à ce qu’il n’a plus l’esprit divisé.



Ces deux histoires me questionnent

La première histoire :

  • Pour nous chrétiens, que symbolise l’image de la montagne, des hauts sommets à vaincre, de l’accident toujours possible ?
  • En quoi se différencient fondamentalement les réponses des cinq alpinistes ?
  • Pourquoi la réponse du cinquième alpiniste est-elle meilleure et en quoi s’ajuste-t-elle mieux à l’épanouissement promis aux bienheureux dans le ciel ?
  • Peut-on parler d’un art de vivre que devraient mieux goûter les chrétiens lorsqu’ils sont en vacances ? (dans la louange, l’Action de grâce...)

L’histoire taoïste :

  • Partagez-vous l’opinion émise par le vieux maître déplorant que la plupart du temps, les êtres ne soient jamais présents (du moins totalement) dans ce qu’ils font ?
  • En quoi cela est-il préjudiciable pour l’être humain ?


Illumination biblique

Luc 9,28-36
Mt 17,1-8 récits de la transfiguration
Mc 9,2-8
Savourer le moment présent et la beauté du monde : une invitation pour être en phase avec les multiples dons que nous offre notre Créateur : Mt 6 28-34
Ps 136 (135 ) Ps 148



Quelques encouragements pour pratiquer l’ascèse de l’attention au moment présent :

  • Le Père Caussade, dans «L’abandon à la divine Providence», parle du «sacrement de l’instant présent» qui recèle bien des richesses.
  • Comme le dit aussi l’adage ancien «Carpe diem», cueille le jour.
  • Maître Eckhart, ce grand spirituel, nous a laissé cette réflexion profonde :
         «Qu’est-ce qu’aujourd’hui ? Aujourd’hui c’est l’éternité».
  • Le cardinal Etchegaray dans le final de son ouvrage  «J’ai senti battre le cœur du monde» nous parle en termes lyriques de «la simple joie d’exister» :
    «La joie d’exister c’est prendre à pleines mains cette terre que je foule aux pieds.. C’est sentir l’odeur de glaise dont je suis pétri...C’est ne pas m’abandonner à la conscience vertigineuse de mon néant, mais à la conscience exaltante de frétiller entre les mains de Dieu.
    Soyez heureux d’exister ! Et que le goût de vivre vous donne l’envie de chanter, juste ou faux, peu importe !»
Oui, frétillons entre les mains de Dieu, c’est une belle expérience à vivre sans modération, surtout en période estivale !                    


09-08-2016

Thème n° 15

Hommage à Marie, la Sainte Vierge , l’Immaculée, la Mère de Dieu, Notre-Dame, la Fille de Nazareth, la Fille de Sion, la mystérieuse Aquero (celle-là, cela) dont parle Bernadette de Lourdes ; et tout simplement

Notre Bonne Mère à tous dans la gloire du ciel
et notre sœur en humanité.

Assomption de Marie, 15 août 2016

 


Église d'Aranvielle, Vierge du retable

A - Fécondité de la page vierge
"Marie est vierge, comme on peut dire aussi d’une page qu’elle est vierge, c’est-à-dire neuve comme la plage que personne n’a foulée ou la neige que personne n’a souillée...Elle est lourde de tous les possibles. Marie a été accueillante au projet de Dieu comme une page blanche qui sera remplie par un texte. C’est la parole écrite qui va féconder la page comme la parole de l’ange a fécondé Marie. Nous sommes amenés à renaître c’est-à-dire à être cette page blanche qui sera remplie du projet que Dieu souhaite réaliser en nous. Dieu veut nous rencontrer comme des pages vierges ouvertes à tous les possibles... C’est une création qui ressemble aussi à celle d’une rivière qui creuse son lit où elle peut couler..."
Extrait d'un article de Marcel Domergue

 

B - Marie, celle qui a "fait la planche"
"Le chemin que suit Marie est le chemin normal de la foi.
Comme elle nous est proche !
Marie sans avoir tout compris, demeure pourtant dans la paix, sans s’agiter. Voilà le signe de l’abandon vrai : ne pas s’agiter et ne s’étonner de rien. Quand on est pris dans la tempête, si l’on est excellent nageur, peut-être peut-on nager à contre-courant. Mais il est tellement plus sûr de faire la planche et de se laisser porter par la force même des vagues, sans s’agiter pour revenir au rivage. Ainsi devons-nous faire avec Dieu. Nous usons nos forces à nous battre contre Lui, alors qu’il vaut mieux déposer tout de suite les armes puisque, de toute façon, nous serons vaincus par l’Amour...Marie s’est laissée faire par l’Amour, elle s’est laissée dépouiller comme la vigne confiante aux mains du vigneron"
Mgr J. Claude Boulanger ("Le chemin de Nazareth")

 

C - Marie, poteau indicateur sûr
"Nous connaissons tous les poteaux indicateurs qui sont là, en principe, pour nous montrer la route...Ils nous sont tout particulièrement sympathiques, ces poteaux indicateurs, nous ne savons plus très bien où nous sommes, lorsque nous sommes dans le brouillard. Oui, ils sont sympathiques ces poteaux qui font du sur-place pour nous aider à nous mettre en mouvement dans la bonne direction.
Ne peut-on pas dire que Marie est un peu comme un poteau indicateur puisqu’elle nous montre sans cesse le Cœur ouvert de son Fils, la source de vie : "Faites tout ce qu’il vous dira", Marie invite à écouter la source, elle appelle à boire à la source. Elle nous est bien sympathique cette Marie qui a l’air de faire du sur-place pour nous faire vivre... Comme un poteau indicateur sur les routes de la vie des générations."
Pierre Pythoud

 

Questionnement sur ces trois paraboles

  • La virginité, est-ce seulement une réalité biologique dans le cas de Marie ?
  • Qu’est-ce qui empêche pour nous cet abandon confiant entre les mains de Dieu ?
  • Qu’y a-t-il de marqué sur le poteau indicateur qu’est Marie, pour nous , disciples de son Fils ?

 

Flashes de la parole de Dieu nous parlant de Marie
Jn 2,5 / Luc 1,38 / Luc 2,48 / Luc 1,47-55 / Apoc 19 / Gal 4,4

 

Pour nourrir la curiosité des amoureux de Marie

  • En quelle année fut promulgué le dogme de l’Assomption de Marie ?
    En 1950 à la fin de l’année sainte, par Pie XII (c’est le dernier dogme promulgué)
  • Avant la fête nationale du 14 juillet, quelle était la date de la fête nationale sous l’ancien régime ?
    C’est le 15 août , à cause du vœu de Louis XIII demandant à Marie un descendant. Après 22 ans de mariage est né Louis XIV.
  • Sous combien de dénominations différentes est invoquée Marie ?
    Approximativement, on parle de plus de 370 titres différents.
  • Quel espace occupe Marie dans les évangiles ?
    À peine 1%.
  • Combien de fois fait-on mention de Marie dans le Coran ?
    34 fois et à peine 19 fois dans le Nouveau Testament.
  • Combien y a-t-il de lieux d’apparitions de Marie recensés en France ?
    Plus de 1900 lieux.

 

Deux belles méditations sur Marie

"Marie, féminin de Dieu
L’amour maternel de la très Sainte Vierge nous révèle l’Amour maternel de Dieu puisqu’il en procède...pour que nous apprenions que Dieu est notre mère, que nous le connaissions au féminin, pas seulement au masculin : car Dieu est aussi féminin, qu’il est masculin...Marie nous révèle Dieu au féminin. Elle nous permet de prier Dieu au féminin comme une maman."
Maurice Zundel

"Le nombre des petits est bien grand sur la terre,
ils peuvent sans trembler vers toi Marie, lever les yeux"
Sainte Thérèse de Lisieux

14-09-2016

Thème n° 16

14 septembre : Fête de la Croix Glorieuse

Quel paradoxe ! La croix supplice infamant et cruel (voir Deut 21, 23) "Un pendu est une malédiction de Dieu", et selon les Romains eux-mêmes qui l’utilisaient comme châtiment exemplaire "La croix, le plus cruel et le plus terrifiant des supplices" (dixit Cicéron, homme politique célèbre), est devenue le symbole par excellence de la foi chrétienne, un symbole glorieux, car la vie de Jésus ressuscité a vaincu la mort.

La vie de tout disciple de Jésus crucifié : un chemin de croix à vivre
où le bonheur est malgré tout au rendez-vous ?

Église de Guchan


A - Une vieille légende

Dans son livre, Urteaga nous raconte la vieille et plaisante légende d’un homme, harassé par le poids des années qui cheminait, traînant laborieusement la croix de sa vie. Et le vieillard conversait avec son Dieu.
- Seigneur, la croix que tu m’as donnée à porter est vraiment pesante, je n’en peux
plus.
– Tu désirerais une autre croix que celle que tu charges ?
- Oui Seigneur, cela fait si longtemps que je traîne ce fardeau , elle est vraiment trop lourde cette croix !
- Très bien, continue ton chemin, au bout de la route, tu arriveras à un champ rempli de croix. Laisse là celle que tu charges et choisis-en une autre à ta convenance.
Et notre homme séance tenante, de se mettre au travail, essayant l’une après l’autre toutes les croix jonchant le sol. Toutes les croix ! celle de l’ingratitude, de la calomnie, de la maladie, de la douleur, de la solitude, etc... Aucune ne lui paraissait plus légère que celle qu’il chargeait auparavant. Découragé, il ne savait plus que faire. Mais ouf ! enfin, une croix lui sembla plus légère :
- Je crois bien qu’avec celle-ci, cela pourra aller mieux. Elle pèse bien sûr, mais moins que les autres.
Alors il se tourna vers son Dieu
- Seigneur ! Pourrais-je choisir cette croix pour remplacer celle dont je me suis débarrassé ?
Avec l’accord de son Dieu, notre homme quitta le champ des croix chargeant la dernière qu’il avait choisie. Il cheminait moins courbé qu’auparavant, caressait même sa croix devenue compagne de voyage. Il était finalement un homme heureux. Ce qu’il ignorait c’est qu’en réalité la croix élue était la même qui pesait auparavant sur ses épaules et qu’il avait sentie écrasante.

Voilà un beau message : Dieu nous connaît fort bien, bien mieux que nous nous connaissons nous- mêmes. C’est un père qui veille sur nos intérêts. S’il t’envoie telle ou telle croix, sois-en sûr, c’est finalement pour ton bien (Rom 8, 28)
La souffrance est une réalité de la vie, Jésus lui-même dans sa Passion l’a d’abord rejetée : "Père si c’est possible, éloigne de moi ce calice", avant de s’incliner dans l’offrande de sa vie donnée : "Non pas ma volonté, mais la tienne, Père."
(Abraham Zavala Starbury : lettre aux malades )

Interpellation

  • Nous arrive-t-il de regimber sous le poids de la croix ?
  • Comment cela colore-t-il notre relation à Dieu ?
  • Choisir sa croix est-ce la solution ?
  • Comment nous positionnons-nous face aux croix qui écrasent nos frères ?
  • Est-ce que le message du pape François aux J M J de Cracovie nous interpelle lorsqu’il invitait les jeunes "à devenir des protagonistes dans le service...en donnant une réponse concrète aux besoins et à la souffrance de l’humanité." ?
    En somme ne les invitait-il pas à travailler à quitter les croix pesantes de tant de nos frères malheureux en refusant une résignation égoïste ?

 

 

B - Une bien étrange comparaison : dialogue entre deux jeunes

Antoine : À quoi comparerais-tu Dieu ? À un rocher ou à un oreiller ?
Daniela : À un rocher bien sûr, car Dieu est fort et sûr. Lorsque je pense à un rocher, je pense à un appui, à un havre de sécurité alors que tout tangue autour de moi dans ce monde agité.
Antoine : Pour moi, Dieu est plutôt un oreiller. Avec lui, je me sens en paix et tranquille. Quand j’arrive à la maison, quel bonheur de se coucher et de reposer ma tête sur un oreiller ! Dieu m’apporte un grand soulagement face aux épreuves de la vie.
Daniela : Mais un oreiller n’a pas de forme précise, et de plus c’est une réalité bien prosaïque alors qu’un rocher, ça a une forme définie et offre une grande stabilité !
Antoine : Un rocher c’est dur et inflexible. Quel genre de compassion peut avoir un rocher ? J’ai besoin de tendresse.
Daniela : Sur quelle force peux-tu compter avec un oreiller ?
Antoine : Une force faite de relaxation et de repos. La force qui dans la vie, nous pousse à nous sentir bien pour avancer.
Daniela : Pardonne-moi, mais un oreiller me semble manquer de consistance pour ressembler à Dieu.
Antoine : Et un rocher beaucoup trop dur et inflexible pour ressembler à un Dieu de miséricorde.
Daniela : Mais Dieu ne pourrait-il pas être à la fois comme un rocher et un oreiller ?
Antoine : Je sais bien ce qu’est un oreiller, il suffit de lire le psaume 62 qui commence ainsi : "Seulement en Dieu je trouve mon repos". C’est seulement après que nous trouvons ce qui suit : "Lui seul est mon rocher, mon salut et ma force".
Daniela : Tu vois bien, je l’ai toujours pressenti :

Dieu est à la fois mon rocher et mon oreiller

(Biblia de los jovenes : Bible des jeunes p. 966)

Interpellation

  • Quelle image je me fais de Dieu ?
        - celle d’un bon papa un peu mollasson qui conforte mon égoïsme ?
        - celle du crucifix janséniste aux bras étriqués et à la miséricorde parcimonieuse ?
  • En quoi les représentations d’ Antoine et de Daniela peuvent-elles avoir un lien avec le symbole chrétien de la croix ?

C - Comment la croix du Christ peut-elle devenir glorieuse dans notre vie ?

Quelques messages qui peuvent nous éclairer :

  • Celui du pape François aux jeunes de Cracovie : "Ne confondez pas le bonheur avec un canapé" (c’est l’oreiller de l’histoire). Il y a beaucoup mieux à faire pour être heureux en rendant les autres par exemple moins malheureux.
  • Celui de la petite Bernadette de Lourdes qui en faisant un lent et beau signe de croix voulait signifier que dans la vie il est important de prendre du temps pour bien faire les choses pour Dieu.
  • Celui de Gandhi nous rappelant même s’il n’était pas un chrétien confirmé, ce message d’espérance : "L’échec est l’expérience qui précède le triomphe".
  • Celui de Sainte Thérèse de Lisieux parlant des petites croix du quotidien : "Si vous portez de bon cœur la croix, elle-même vous portera".
  • Celui de la poétesse Marie Noël évoquant la fécondité de la souffrance : "Toutes les épines que le Seigneur m’a données, à la longue ont fleuri".
  • Celui de Marthe Robin confessant : "Prendre sa croix ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds, mais des ailes à son coeur".
  • Enfin celui des lointains Indiens d’Amérique latine qui fêtent chaque année de manière originale et très sympathique la croix glorieuse (fêtée là-bas en mai). On élève partout dans les jardins des maisons, dans les places, aux croisements des routes, sur le parvis des églises, des croix en bois qu’on orne avec des guirlandes multicolores, et des offrandes variées de fleurs et de fruits.

La croix est glorieuse, car elle est féconde. La vie a triomphé de la mort,
les épines ont fleuri, elles s’abreuvent à la source jaillissante de l’amour.

01-10-2016

Thème n° 17

Cette vie ? L’autre vie ? Les deux vies ? Une seule Vie !
(Fête des morts, fête des vivants : 1 et 2 novembre 2016)

Face à la mort : déni, insouciance, peur, espérance tranquille, rendez-vous espéré ?

Parabole de l’examen sans oral (J. Bassot, "La route")

Qui que vous soyez, quels que soient votre âge et votre situation, vous préparez un examen.
Voici ses caractéristiques :

  • Temps de préparation : Variable pour chacun, plusieurs décennies en général.
  • Date de l’examen : Inconnue du candidat, fixée sans préavis par le jury.
  • Jury : Un seul membre, décidant sans appel.
  • Enjeu de l’examen : Du bonheur à l’infini.
  • Programme : Une seule question. La voici :
    As-tu aimé ton prochain comme toi-même pour l’amour de Dieu ?
  • En cas d’échec : Pas de session d’octobre.

Interpellation

  • À quoi nous invite cet examen qu’en théologie chrétienne on appelle jugement de Dieu ?
  • Est-il bien vrai qu’il n’offre aucune session de rattrapage ?

 

 

Parabole du potier  (Clément de Rome, 1er siècle)

La mort c’est comme la cuisson d’un vase d’argile. La mort nous donnera notre forme définitive. Si un potier tourne un pot et le manque ou que le pot se défait entre ses mains, il remodèle l’argile, mais quand il est arrivé au moment de le mettre au four chauffé, on ne peut plus rien changer.

Interpellation

  • Cette parabole doit-elle nous remplir d’effroi ou au contraire ne doit-elle pas conforter l’idée que l’être humain vit un processus de maturité et que sa vie est chose sérieuse et de grand prix.

 

 

Parabole du plongeon salutaire - depuis les terres autrefois chrétiennes de la Syrie
(Saint Éphrem diacre , docteur de l’Église, IVème siècle )

Le Christ est comparable à un plongeur de perles qui va au fond de la mer, chercher les huîtres précieuses.
Ainsi, au fond du gouffre qui est en chacun, le Christ est descendu , par une véritable descente aux enfers, pour y chercher l’image du Père qui existe en chaque homme, mais que le péché a souillée, enfouie, noyée.
Le Christ fait remonter l’homme des abîmes. Il va le chercher en plongeant dans la mort. Il le ressuscite en restaurant son image première, d’avant le péché.

Interpellation

  • Pourquoi peut-on dire que le Christ en s’appelant Jésus a bien mérité le prénom que l’ange avait chargé Marie de donner à son fils ?( Luc 1, 31 )

 

 

D’une maison à l’autre : Parabole du pape François (final de Laudato si)

À la fin, nous nous trouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu... Entre temps nous nous unissons pour prendre en charge cette maison qui nous a été confiée... Au cœur de ce monde, le Seigneur de la vie qui nous aime tant continue d’être présent.

Interpellation

  • Qohélet 12,5 nous rappelle que "l’homme s’achemine vers sa demeure d’éternité".
  • Quelle mission devons-nous assumer dans la maison commune de cette terre ?
  • Peut-on parler de 2 vies qui s’interpénètrent, ou de la même vie en définitive qui se prolonge ?

 

 

Illumination biblique

La mort comme fête de la vie en plénitude
1 Co 15 / 2 Co 5, 10 /2 Co 5, 1 / Héb 13, 14 / Luc 13, 23 / Luc 16, 19- 31 / Rm 8, 11 / Jn 11, 25 / Jn 5, 28 / Jn 14, i-3 / Ap 14, 13

Quelques messages stimulants sur la mort :

  • "Loué sois-tu pour notre sœur la mort, loué sois-tu mon Seigneur."
    (à la veille de sa mort, Saint François ajoute au cantique de la création ce verset)
  • "Le vrai problème n’est pas de savoir s’il y a une vie après la mort, mais s’l y a une vie avant la mort."
    M. Zundel
  • "Si à ma mort je m’aperçois que Dieu n’existe pas, je serai bien attrapé, mais je ne regretterai pas d’avoir passé ma vie à croire à l’amour."
    Curé d’Ars
  • "Qu’est-ce que la mort ? C’est le passage de l’homme à l’éternité. Cela requiert un processus de maturité. La plupart des hommes arrivent à la fin de leur vie non comme une statue achevée, mais comme une ébauche d’œuvre inachevée."
    L.Boff
  • "L’au-delà est au-dedans. Il s’agit d’une vie déjà commencée. Elle se déploie ici bas jusqu’à donner sa fleur là-bas, mais c’est la même sève qui circule et que les Écritures appellent la grâce. L’essence de la grâce ou de la charité c’est l’accueil de l’autre. À l’inverse, l’enfer n’est rien d’autre qu’un repli sur soi."
    Fabrice Hadjadj
  • "Je ne meurs pas, j’entre dans la vie."
    Sainte Thérèse de Lisieux
  • "Nous avons fait de la vie, la salle d’attente de la mort. Et si c’était la mort qui soit la salle d’accouchement de la vie !"
    J. Debruynne
  • Louis XIV à son confesseur sur son lit de mort :  "Hé mon Dieu, voulez-vous bien me faire la grâce de venir à moi, vous qui êtes le Roi des Rois."
  • "Elle est arrivée l’heure tant désirée. Il est temps que nous nous voyions Mon Aimé, Mon Seigneur. Oui l’heure est arrivée que je quitte cet exil et que mon âme jouisse de vous que j’ai tant désiré."
    Sainte Thérèse d’Avila

 

 

À chaque tic tac de l’horloge meurent en ce monde 2 personnes.
Portons-les dans notre prière.

Bonne fête des vivants.

03-12-2016

Thème n° 18

L’Avent : temps des grands désirs et des enfantements

 

Remarque préliminaire : Attention à l’orthographe. Un autre mot ressemble au mot AVENT c’est  le mot AVANT.

 

Définition : L’Avent signifie avènement) c’est « le temps des saints désirs » selon Saint Augustin. C’est le temps d’avant Noël ; c’est l’anniversaire de la venue du Fils de Dieu dans l’histoire des hommes, mais c’est aussi l’annonce de la seconde venue du Fils de Dieu à la fin de l’histoire.

 

 

Un acrostiche pour illustrer le mot Avent :

A  comme arbre, on y mentionne un certain arbre de Jessé à l’origine de l’arbre généalogique de Jésus, fils de David.
V comme vigilance. Temps où on résiste à l’endormissement, péché capital par excellence.
E comme espérance. Notre monde rongé par le doute en a bien besoin. C’est le temps de l’expectative en vue de la rencontre avec le Seigneur.
N comme naissance. Naître c’est vaincre la mort, c’est s’ouvrir à l’espérance des enfantements avec la certitude qu’un Sauveur vient à notre rencontre.
T comme transformation . Il s’agit de faire du neuf, d’innover, ne pas se résigner au statu quo, aller  de l’avant. C’est cultiver une attente en creusant un désir.            

Que d’interrogations à ce sujet !

  • Savoir attendre est-ce dans l’air du temps ? Pensons aux médias, aux grands magasins, aux décorations de fêtes, à la course à la consommation, etc...
  • Le pasteur allemand Dietrich Bonhoeffer dans une homélie du 1er dimanche de l’Avent, en 1928, faisait une distinction très juste lorsqu’il dénonçait déjà les dérives actuelles :  « Attendre est un art que notre époque impatiente a oublié. Notre époque voudrait cueillir le fruit avant même que les fruits mûrissent ; ainsi les yeux avides sont trompés en permanence parce que le fruit malgré sa belle apparence est encore amer et les mains sans pitié jettent au loin ce qui l’a déçu .Qui ne connaît pas l’amère béatitude de l’attente qui est le manque de ce qu’on attend, n’expérimentera jamais dans sa plénitude, le bonheur de sa réalisation. »
    Comment creuser cette attente pour pénétrer plus avant dans le mystère de l’incarnation ?
    Quels moyens nous donnons-nous ?
  • Dans nos relations en particulier avec les enfants, comment les initions-nous à l’art de savoir attendre que le fruit mûrisse pour qu’on puisse le cueillir ? (Il faut attendre le 25 décembre pour fêter Noël)

 

 

Une histoire qui en dit long sur les mœurs divines 

D’après l’écrivain russe Léon Tolstoï. Cette histoire a été reprise par Benoît XVI dans une homélie de la messe chrismale du 5 avril 2007.

Il était une fois un roi qui un jour demanda aux prêtres et aux sages de son royaume comment arriver à voir Dieu, comment arriver à le rencontrer. Profonde déception pour le roi qui ne put recevoir de la part des sages de sa cour , aucun éclaircissement à ce sujet.

Alors un paysan qui revenait des champs s’offrit pour satisfaire le désir du roi. Il lui dit que ses yeux ne pouvaient voir Dieu, car pour arriver à le voir, il devrait changer ses vêtements et donner au paysan ses vêtements royaux et se vêtir des modestes habits du paysan.

Après un moment d’hésitation, le roi ôta donc ses beaux habits et revêtit la tenue grossière de l’homme de la terre. Alors ses yeux s’ouvrirent et il reçut la réponse tant souhaitée.

C’est justement ce que fit Dieu avec l’humanité. Il renonça à sa grandeur de Dieu en se faisant homme et homme pauvre, vivant la condition ordinaire de l’humble artisan de Nazareth. (Phil 2,6...)

« Échange sacré » comme disaient les Pères de l’Église. L’être humain est invité à vivre de mieux en mieux la merveilleuse ressemblance, processus en marche depuis notre baptême et qui s’approfondit dans chaque sacrement.

Durant ce temps de l’Avent, pourquoi ne pas mieux prendre conscience de ce cadeau qui nous est tombé du ciel le jour de notre baptême et en rendre grâce ?

Quelques textes de la Parole de Dieu parmi tant d’autres pour nous aider à méditer

Is 11,1-10 / Is 35,1-10 / Is 40,1-10 / Is 43, 1-4 / Ps 30  /  Cant 2, 8-9 / Mt 3,1-12 / Phil 2, 6 / etc...

 

 

Message pour temps d’Avent : construire des ponts et non des murs

Un jour, Dieu contempla la terre depuis le ciel et vit que le monde était comme un immense archipel : une mer pleine d’îles, de millions d’îles rien que des îles.

Et dans chaque île, vivait un seul habitant, un unique habitant qui ne pouvait communiquer avec personne, car les eaux qui séparaient entre elles les îles étaient profondes et tumultueuses.
Les gens devenaient fous de ne pas pouvoir entrer en relation avec d’autres, de ne pas même pouvoir partager un café ou un sourire.
Ce n’est pas que la nourriture faisait défaut ; il y avait des vivres, mais il y manquait la dose d’amour pour tout embellir.

Et comme il n’y avait pas moyen d’entrer en contact avec d’autres, ces êtres solitaires n’avaient d’autre diversion que celle consistant à jeter des pierres en direction des îles d’alentour. Ils devinrent tellement adroits dans l’exercice de cet art que ces pierres catapultées pouvaient parfois blesser gravement.
L’archipel devint un véritable enfer, le lieu de tous les périls y compris celui de perdre la vie.

Alors Dieu déclara : « Comment en est-on arrivé là ? Il faut trouver une solution ».
L’Esprit-Saint, la 3ème personne de la Sainte Trinité, suggéra : « Pourquoi n’envoyons-nous pas le Fils ? Il pourrait construire des ponts entre les îles. Alors les gens se rencontreraient pour échanger et cesseraient de se jeter des pierres ».
Le Fils acquiesça et se fit petit enfant dans le sein de Marie.
Ainsi beaucoup de ponts furent construits, car lorsque Marie avait dit oui à l’ange Gabriel, avait surgi le grand pont par excellence au-dessus de la mer de haine, de jalousie, de vengeance, le grand Pont de Dieu fait homme.

De nos jours, les Trois depuis le haut du ciel, sourient en voyant la mer où s’entrecroisent d’innombrables ponts, les gens peuvent facilement se rendre d’une île à l’autre.

Mais il reste encore bien des récalcitrants qui se claquemurent chez eux et se protègent des visites des voisins en construisant des murs fort élevés entourant leur propriété.
Il reste hélas encore beaucoup à faire pour que la terre devienne cette maison commune où il fait bon vivre. (Is 11, 1-10)

Quelques interrogations

  • Qu’est-ce qui rend difficile la réalisation de ce projet de construction de ponts entre les îles ?
  • Comment le grand pont qui est Jésus, 2ème personne de la Sainte Trinité, peut-il nous aider dans cette œuvre de salut public ?
  • Pour construire des ponts, on ne peut travailler seul. Travailler avec d’autres n’est-ce pas le défi à relever ? Collaborer à ce projet communautaire c’est faire avancer le Royaume.

 

 

Et pour terminer, un clin d’œil qui nous invite à l’altruisme avec cette citation du poète Paul Valéry
« Un homme seul est un homme en mauvaise compagnie »

Brisons donc nos solitudes stériles en construisant des ponts et non des murs. Il s’agit de choisir la Vie, celle que nous offre Jésus de Nazareth dont on commémore la naissance à Noël.

Bon temps d’Avent !

03-01-2017

Thème n° 19

Quand on tourne la page     2016  -  2017

 

 

1 - Ma vie c’est comme un tricot (membre de l’ACI - extrait de la brochure le Courrier n° 174)

La vie c’est comme un tricot. Dieu me donne la laine et les aiguilles, et il me dit :  « Tricote de ton mieux, une maille à la fois. »
Une maille, c’est une journée sur l’aiguille du temps. Après douze rangées de trente ou trente et une mailles, tu as 365 mailles. En dix ans , 3650 mailles environ. Quelques-unes sont à l’endroit, d’autres à l’envers. Il y a des mailles échappées. Mais on peut les reprendre.
La laine que Dieu nous donne pour tricoter notre existence est de toutes les couleurs. Rose comme nos vies. Noire comme nos peines. Grise comme nos doutes. Verte comme nos espoirs. Rouge comme nos amours. Bleue comme nos désirs. Blanche comme notre foi en Dieu. Combien de mailles comportera le tricot de ma vie ? Dieu seul le sait. Père donne-moi le courage de terminer mon tricot afin que tu le trouves digne de l’exposition éternelle.

Pour se mettre à penser :

  • En faisant le bilan de l’année 2016 écoulée, quelles sont les mailles que j’ai tricotées à l’envers, celles qui se sont échappées et que je dois reprendre ?
  • Quelles réflexions nous procure la constatation que :  « la laine que Dieu nous donne pour tricoter notre existence est de toutes les couleurs » ? Cela a-t-il à voir avec le projet de construction du Royaume de Dieu ?
  • Comment les saints que je connais ont-ils fait pour reprendre les mailles échappées ou celles tricotées à l’envers afin d’offrir une réalisation digne d’être retenue pour :  « l’exposition éternelle. »

 

 

2 - Au magasin des nouveautés, à l’aube du Nouvel An : (traduit de l’espagnol, origine inconnue )

Me voici Seigneur, avec dans mes mains tes cadeaux multiples de Nouvel An : vie nouvelle, temps nouveau, pluie nouvelle, soleil nouveau... C’est pour cela que, en ce temps d’illusions en gestation, je désire Seigneur, et j’en fais la demande expresse : une nouvelle montre.
Une montre qui mesure le temps comme ton amour le mesure : qui s’arrête lorsque débarquent dans mon chez-moi, pour être écoutés, ces gens qui veulent partager leurs joies et leurs peines. Une montre qui réserve l’intelligence et le cœur au moment présent lequel est ton moment à toi, Seigneur, au milieu de l’activité quotidienne, lieu de ton incarnation. Une montre qui mesure le temps avec ta patience, Seigneur, selon le rythme et la mesure universelle de l’amour, une montre réveille-matin des routines, vigilant dans le service et qui jamais ne mesure l’offrande du temps et du cœur.
Avec la vie, avec le temps que tu m’offres aujourd’hui Seigneur, pour une offrande sans réserve, j’espère une nouvelle montre.

  

Pour continuer à penser :

  • Quels sont les mots-clefs de cette méditation qui peuvent nous aider à prendre conscience des défis qui s’offrent à nous en ce début d’année ?
  • Pourquoi est-il si difficile de mesurer le temps à la manière de Jésus ?

La Parole nous illumine :
     Hébreux 10,32-39
     1 Tess 5,5-11
     Rm  13, 11-14

 

 

Une prière de Thomas Merton pour avancer dans la confiance

Seigneur mon Dieu, je ne sais pas où
Je vais, je ne vois pas la route devant moi,
Je ne peux pas prévoir avec certitude
Où elle aboutira.
Je ne me connais pas vraiment
Moi-même et, si je crois sincèrement
Suivre  ta volonté, cela ne veut pas dire
Qu’en fait je m’y conforme.
Je crois cependant que mon désir
De te plaire te plaît.
J’espère avoir ce désir au cœur en tout
Ce que je fais, et ne jamais rien faire
À l’avenir sans ce désir.
En agissant ainsi, je sais
Que tu me conduiras sur la bonne route,
Même si je ne la connais pas moi-même.
Je te ferai donc toujours confiance.
Même quand j’aurai l’impression
Que je me suis perdu
Et que je marche à l’ombre de la mort.
Je n’aurai nulle crainte, car tu es toujours
Avec moi et jamais tu ne me laisseras
Seul dans le péril.

 

 

Une statistique encourageante :

L’injonction  « N’ayez pas peur » revient 365 fois, semble-t-il, dans le Nouveau Testament.

 

 

Un conseil vivifiant pour commencer l’année  bon pied bon oeil :
(Prière trouvée dans la poche de Petite Soeur Odette,
petite soeur du Père de Foucauld assassinée en Algérie le 10 novembre 1995) 

Vis le jour d’aujourd’hui,
Dieu te le donne,
Il est à toi, vis-le en Lui.
.../...
Le moment présent est frêle passerelle
Si tu le charges des regrets d’hier
Et de l’inquiétude de demain,
La passerelle cède et tu perds pied.

Le passé ? Dieu le pardonne,
L’avenir ? Dieu le donne...
Vis le jour d’aujourd’hui
En communion avec Lui.

 

          

Bonne nouvelle année en bonne  compagnie !

                                      

 

Bonne lecture !

Petite soeur Marie-Christine (Azet)